Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 20:11

Toujours en quête de quelques fossiles, j'ai remis les pieds sur un chantier proche de chez moi où affleure le Muschelkalk fossilifère... Les pluies orageuses ayant précédé mon passage ont permis de nettoyer les surfaces des blocs et de laisser apparaitre ces fossiles!

La zone est très riche et ce passage de trois heures, m'a permis de ramener du beau matériel, avec une grosse part de vertébrés et surtout de reptiles marins avec plusieurs espèces en présence... Un must pour moi! Les machines faisant évoluer la zone à toute vitesse, dégradent souvent de leurs dents d'acier les ossements de grande taille :

 

Voici un gros morceau d'os, sans doute une omoplate?, de 10 cm dans sa plus grande longueur... malheureusement abîmée par les machines... dommage mais belle pièce pour moi :

 

DSCF6273.JPG

 

Ensuite un joli échantillon de la systématique du Muschelkalk par les dents:

 

Belle Acrodus sp. de 18 mm :DSCF6285.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une "demie" Polyacrodus polycyphus de 11mm, la seule repérée sur ce site dont une partie semble avoir "sauté" au cours du processus de fossilisation :DSCF6278.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin mon petit plaisir, beaucoup de dent de reptiles, certaines usées ou brisées à la fossilisation, d'autres coincées au sein d'énormes blocs que je n'ai même pas cherché à récupérer, mais trois pièces de belles factures de part leurs tailles ou leurs conservations.

 

Deux belles Nothosaurus (mirabilis?) 20 mm pour la première 28 mm pour la seconde, la plus grande de ma collection avec cette conservation!

 

DSCF6284.JPG      DSCF6277.JPG

 

Et enfin cette grande dent sans courbure et aux stries prononcées qui, pour son identification, me fait pencher pour Tanystropheus sp.

 

DSCF6282.JPG

 

24 mm pour cette dernière!!!

 

Résultat une superbe matinée riche en découvertes, en attendantavec impatience les prochains orages!!!!

Par ToM - Communauté : Les fossiliens
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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 14:47

Après de longs mois d'absence pour raison de "surmenage professionel" et d'installation en Lorraine, me voilà de retour sur les terrains sédimentaires!!!

 

Pendant des mois l'estwing m'a démangé... Après une première sortie dans une carrière Lorraine très décevante, j'ai changé mon fusil d'épaule et commencer à prospecter dans les environs proches de mon nouveau chez moi...

Un chantier dans le Muschelkalk supérieur à particulièrement attiré mon attention. Rapide passage ce samedi et malgré des sédiments très peu visibles et des débalis couverts de boue, le bilan est plutôt positif.

 

Une belle dent de Simosaurus sp. reptile marin qu'il manquait encore à ma collection, plusieurs dent de Nothosaurus sp. et pas mal de débris osseux.

 

L'une des découvertes sympa de ce jour :

 

Un petit palais complet de poisson à dégager ( Colobodus sp. ?):

 

DSCF5340.JPG

 

Et pour finir cette superbe vertèbre pour l'instant non identifiée et qui va me demander un peu de travail de préparation mais une pièce de cette qualité le mérite!

 

DSCF5331-copie-1.JPG

 

 

En attendant les prochaines pluies avec impatience!!!

Par ToM - Communauté : Les fossiliens
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 14:10


Depuis que j'ai débuté ce blog, je relate surtout mes découvertes sans réellement parler de paléoécologie et des paléoenvironnements triassiques. Je vais tenter d'y remédier par cet article en essayant de décrire le Nord Est de la France depuis le milieu du Trias jusqu'à sa fin, afin de comprendre les influences qui ont permis la mise en place des quelques sites fossilifères que je parcours... 

1.) Le Muschelkalk :




Il y a 237 Millions d'années, par le jeu de la tectonique des plaques, les continents avaient une disposition bien différente de celle que nous connaissons actuellement.
Le super continent Pangée continue sa dislocation amorcée il ya plusieurs milliers d'années, et commence à se "déchirer" en plusieurs "sous continents".



Ces "déchirures" permettent l'invasion océanique et la mise en place de mers intérieures peu profondes. C'est exactement ce contexte qu'a connu l' Est de la France au milieu du Trias entre l' Anisien (246 MA - 237 MA) et le Ladinien ( 237 MA - 228.7 MA ).

Les influences océaniques en provenance de l'océan Tethys, ont ainsi progressivement envahi les dépressions du centre de l'Europe pour former une vaste mer in térieure depuis le Nord Est de la France jusqu'aux frontières des pays Baltes.
Cette vue d'ensemble permet de comprendre la situation de cette mer intérieure communiquant uniquement avec  la Tethys par deux "portes".

Ces portes sont figurées sur la carte ci contre par les flèches, le domaine continental étant signalé en vert, le domaine océanique dans le bleu le plus foncé, et enfin la mer interne du Muschelkalk en bleu clair.

La porte d'entrée des eaux océaniques la plus occidentale fut définie comme la porte "Bourguignonne", la plus orientale ayant été décrite sous le terme "Moravienne".

Le sel gemme des mines de Château-Salins est la conséquence directe de l'assèchement périodique d'une partie de cette mer. Au cours des 8 millions d'années du Muschelkalk, et plus particulièrement au cours du Muschelkalk moyen, les portes d'accès à la mer Germanique se sont refermées à plusieurs reprises, stoppant ainsi l'alimentation d'eaux océaniques. Cette fermeture, conjuguée au climat chaud de l'époque (l' Europe se trouvait alors à une latitude proche de celle du tropique du Cancer), ont permis l'accumulation de grandes quantités de sel, aujourd'hui encore exploitées.

Cette mer chaude et peu profonde présentant une carence en alimentation d'eaux océaniques a sans doute conféré à cette mer une sursalinité plus ou moins temporaire, accompagnée d'une baisse de la teneur en oxygène, conditions défavorables à la vie.
Néanmoins la faune a très vite su trouver ses marques au sein de cette étendue d'eau, le terme Muschelkalk signifiant littéralement dans la langue de Goethe " calcaire coquiller ".

2.) Cératites :

Les plus emblématiques des fossiles de cette période sont sans conteste les Ceratites; ces céphalopodes lointains cousins des ammonites doivent leur existence aux conditions toutes particulières de la mer du Muschelkalk.

Les ammonoïdes du début du Trias étaient alors, des animaux inféodés au milieu océanique profond à l'instar de nos nautiles actuels. Néanmoins au début du Muschelkalk supérieur, certains de ces céphalopodes en provenance de la Thetys voisine ont tenté "l'aventure Muschelkalk".

L'apparition et l'adaptation de ces céphalopodes à des conditions si particulières, ainsi qu'à une lame d'eau relativement faible reste encore aujourd'hui un mystère, cependant les ancêtres des cératites ont trouvé au sein de cette mer intérieure, un milieu exempt de concurrence accompagné de niches écologiques vides dans lesquelles elles se sont rapidement installées.


Ainsi au cours des 3 millions d'années qu'a duré le Muschelkalk supérieur, plus de 40 espèces de cératites sont apparues, toutes complètement autochtones à ce bassin, les plus grandes pouvant atteindre jusqu'à 40 cm de diamètre ( Discoceratites ).
Il est également a noter la présence d'un autre céphalopode au sein ce cette mer, la nautile Germanonautilus bisordatus, dont les différentes pièces de son appareil buccal se retrouvent assez fréquement ( cf article " le bec du Germanonautilus" ).

2.) Poissons et requins :

2.1) Hybodus, acrodus, polyacrodus...

2.1.1) Hybodus :



Apparus à la fin du Permien, le genre Hybodus,est également bien représenté au sein des sédiments du Muschelkalk supérieur. Ce genre perdurera jusqu' au début du Crétacé, soit un règne de près de 160 Millions d'années pour plusieurs centaines d'espèces.

Les hybodus, proches parents de nos requins actuels, ont colonisés toutes les mers du globe et occupés des niches écologiques similaires à certains requins actuels, notamment les requins a dentition hétérodonte et de type dentaire "arracheur" dont les dents présentent une cuspide principale longue et effilée, souvent accompagnées de denticules latéraux.


Ainsi deux dents à morphologie différentes ont pu appartenir à un même animal, mais faute de fossiles d'animaux entiers, un morphotype dentaire à souvent été défini comme une espèce à part entière.

 

Au sein du Muschelkalk supérieur plusieurs espèces d'hybodus ont néanmoins dû cohabiter. Leur morphologie dentaire semble en faire des chasseurs actifs, arrachant leur nourriture directement sur les proies vivantes.
L'une des étranges caractéristiques de ce requin est la présence d'un aiguillon à chaque nageoire dorsale de l'animal.
Ces aiguillons étaient ornés et denticulés, jouant sans doute un rôle défensif ou de reconnaissance spécifique.

Ces requins dont les ancêtres sont, comme pour les ceratites en provenance de la Tethys, n'étaient pas, au sein de la mer germanique, des monstres gigantesques.
En effet sur la plupart des dents que nous retrouvons, la cupside principale ne dépasse que très rarement les 15 mm de haut. Certains auteurs ont tenté de corréler "hauteur de la couronne de la plus grande dent" et "longueur totale de l'animal" ( LEBRUN, 1991 ), ainsi en utilisant cette formule on peut extrapoler une longueur de 1.8 m pour les plus grands specimens. 


2.1.2) Acrodus et Polyacrodus :

 

 

Lors du Trias l'ordre des Hybodontiformes voit apparaitre deux familles de sélaciens aux dents étranges : les Acrodontidae et les Polyacrodontidae. 

 

La famille des Acrodontidae est bien représentée dans les sédiments du Muschelkalk, leurs dents typiques étant courantes et souvent bien conservées. Plusieurs morphotypes ont été décrits, mais la découverte de palais dentaires complets ont permis de mettre en évidence une hétérodontie prononcée, et ainsi d'abaisser considérablement le nombre réel d'espèces.

 

La famille des Acrodontidae possède un ancêtre commun avec la famille des Hybodontidae, ainsi la forme générale des Acrodus ( Agassiz, 1837) devait présenter de grandes similitudes avec celles des Hybodus, écho d'un ancêtre commun en provenance de la Téthys.

Le hasard de l'évolution a doté ces petits requins de dents plates et ridées, leurs permettant de s'approprier une niche écologique vide via une nourriture délaissée par les autres occupants de la mer Germanique.

A l'instar de nos requins à dentition "broyeuse", les Acrodontidae devaient avoir un mode de vie similaire :

 

L'actuel Requin de Port-Jackson ( Heterodontus portusjacksoni ) présente une mâchoire garnie de dents dont la morphologie plate et variable rappelle étrangement celles des Acrodus sp. . " L' hétérodonte " de Port-Jackson, se nourrit principalemement d'invertébrés (oursins, coquillages et crustacées) débusqués en fouillant le sable. Une autre caractéristique troublante chez ce petit requin est la présence d'une épine à la base de ses deux nageoires dorsales, jouant un rôle défensif efficace. D'étranges similitudes avec nos Hybodontiformes fossiles... alors simple convergence évolutive ou réelle parenté??

 



Les moeurs alimentaires des Acrodus devaient ainsi être très proches du Requin de Port-Jackson, et on imagine aisément ces anciens requins se nourrir au fond de la mer peu profonde du Muschelkalk de bivalves et d'autres crustacés.

Les différentes dents trouvées au sein des bone-beds du Muschelkalk présentent différentes morphologies. En fonction de ces dernières elles furent différement renommés ( Acrodus gailladorti, Acrodus lateralis, Acrodus substriatus, Acrodus immarginatus...) Jaekel dans " Die Selachier aus dem oberen Muschelkalk lothringens" (1889) propose la reconstruction ci-contre pour l'unique espèce Acrodus lateralis .




La famille des Polyacrodontidae regroupe deux genres que l'on identifie assez facilement au sein des couches à           " bone-bed" du Muschelkalk supérieur : le genre Paleobates ( Meyer, 1849)  et le genre Polyacrodus ( Jaekel, 1889).

Le premier dont le nom signifie littéralement  "ancienne raie" ne possède aucun lien de parenté avec les poissons plats de nos océans, en effet , raies guitares, torpilles et autres pastenagues font partie du SuperOrdre Batoidea contrairement à Paleobates qui est inclue dans l'Ordre des Hybodontiformes.
Trois espèces seulement forment l'ensemble Paleobates cantonnées au Trias, dont l'espèce type Paleobates angustissimus a laissé de nombreuses traces dans les sédiments triassiques de l'ancienne mer Germanique.

A suivre...

 

 

 

Par ToM
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 13:02
Profitant de l'armistice de ce mercredi et d'un temps à peu près clément, l'appel de la "chasse" fut plus fort que l'envie de rester au chaud sous les couvertures!
Direction le Muschelkalk, dans lequel je n'avais pas mis les pieds depuis un certain temps.
Cette fois ci, les fouilles se feront juste à deux, mais le froid s'est vite invité comme autre compagnon de recherches...

Avec la pluie et les nombreuses excavations des carriers, l'un des bone-bed les plus prolifiques, est déjà ouvert in situ, et les niveaux fossilifères sont souvent recouverts d'une  bonne couche de boue, ce qui ralentit considérablement les recherches...

Le nombre de trouvailles sera relativement faible mais de qualité... Finalement nous repartirons plutôt satisfait de notre périple!

Moi qui n'ai que trop rarement le plaisir de trouver du Polyacrodus, cette fois ci je serais servi avec 3 specimens dont l'une qui sera hors normes pour ce site :


Cette Polyacrodus (polycyphus? ) mesure entre 26 et 27 mm de longueur, la partie gauche est en parfait état tout comme l'extrémité droite, tandis que la partie droite centrale présente une table d'usure. Cette surface ne présentant ni cassures ni traces d'usure post mortem, on peut donc imaginer que la nutrition in vivo de l'animal soit à l'origine de cette usure.

Polyacrodus sp. qui est un sélacien ( sous classe des euselachii, devait avoir des moeurs alimentaires proche des actuels requins heterodontes  "aggripeur-broyeurs" tel que le requin de Port-Jackson.

Une autre dent sans doute de la même espèce mais de morphologie différente à la précédente avec conservation de sa racine:


Et enfin pour clore ce résmé des belles prises de la journée, une dent de reptile bien conservée :


Une jolie dent de Nothosaurus (mirabilis?) avec un petit morceau de racine.

Une chouette sortie malgré le temps de jour qui s'amenuise et de quoi remplir les vitrines!
Par ToM - Communauté : Les fossiliens
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 19:38

J'arrive enfin au bout de mes kilos de sables rhétien ramenés en plus de mes blocs indurés... Environ 20h de tamisat réparties sur les trois dernières semaines pour un résultat plutôt positif malgré le faible ratio sable/fossiles...

La séance de tamisat de cet après midi mérite que l'on s'y arrête le temps de ces quelques lignes :

Une première : une dent de Romphaiodon nicolensis pathologique!

 

Les dents de ce requin sont très communes sur le site, mais présentent néanmoins une morphologie très hétérogène ( plusieurs espèces??) néanmoins je n'en n'avais jamais vu une aussi étrange :






En vue labiale la dent parait presque normale, mais de profil la pointe présente un recourbement vers la face labiale amorcant "le départ d'une vague".

J'avais déjà pu observer ce genre de phénomène chez certaines dent de sélaciens des fameux sables d'Anvers, jamais sur une dent du Trias.









Les petites dents de Phytosaures sont également parfois de la partie, le plus souvent encroûtée d'un pellicule de résidus d'oxyde ferrique et la localisation du fossile se fait par un examen attentif de cet encroutement
Ici une petite dent intermédiaire de phytosaure :


Accompagnée d'une petite dent conique légèrement recourbée, parcourue longitudinalement de stries profondes et dépourvue de carènes saillantes :



Toutes ces caractéristiques excluent l'apartenance de cette dent à Angistorhinopsis... La section de la dent étant circulaire on peut exclure également l'appartenance à un Labyrinthodontosaure...
Peut être était elle l'attribut de la même espèce, que celle à laquelle a appartenu cette vertèbre, un Plagiosauridae :



Et enfin une dent que j'ai pris au départ pour une dent postérieure de phytosaure, ses bords étaient totalement encroutés et sa forme triangulaire ne semblait pas laisser la place au doute...
Mais son dégagement m'a apporté une jolie surprise, une extrémité de couronne de dinosaure, sans doute Prosauropode, dont les crénelures dirigées vers l'apex de la dent ont été particulièrement bien conservées :


Je n'ai malheureusement pas retrouvé l'extrémité inférieure... Malgré cela après éliminations des derniers grains de sables collés sur les faces elle sera plutôt sympa!!!
Par ToM - Communauté : Paléontologie rhetien
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