Les oeufs de dinosaures d'Aix-en-Provence

Publié le par ToM

Les oeufs de dinosaures ont été rendus célèbres au début des années 1920 par les expéditions de Roy Chapman Andrews dans le désert de Gobi. Les études financées par l'American Museum of Natural History ont alors mis au jour des oeufs aujourd'hui attribués à Protoceratops.

Néanmoins c'est en Ariège que les premiers fragments d'oeufs de dinosaure, ont attiré la curiosité d'un homme : l'Abbé Pouech. Celui ci les décrira en tant que curiosités géologiques sans les attribuer aux grands sauriens. Une dizaine d'années plus tard un autre français, Philippe Matheron, naturaliste et géologue marseillais, découvrira et décrira des oeufs entiers en Provence. D'après Taquet ( Taquet, 2001) ce dernier aurait dès 1846, découvert lors du creusement d'un tunnel "deux grands segments de sphère ou d'ellipsoïde très énigmatiques" au sein d'une formation dans laquelle des ossements de dinosauriens avaient été signalé... Il serait ainsi le premier inventeur d'oeufs de dinosaures.

Plusieurs sites dans le sud de la France sont connus pour la qualité de leurs oeufs de dinosaures dans leurs sédiments du crétacé terminal.
Datés du Campanien au Maastrichtien ces sédiments sont d'origine fluvio-lacustres et sont le témoin d'un immense site de ponte dinosaurien.


C'est dans les sédiments maastrichtien du rognacien que j'ai eu le plaisir de fouiller durant quelques jours.
Les sites les plus interessant au point de vue paléontologique sont cantonnés au pied de la montagne Sainte-Victoire dans les sédiments rougeâtres, néanmoins ces derniers sont interdits de fouilles.
Il a donc fallu se rabattre sur d'autres zones où les sédiments d'intérêt affleurent.
Néanmoins ces sites recèlent de nombreux fragments de coquilles dinosauriennes et chéloniennes, et il suffit souvent  de se baisser pour les ramasser.




En fonction des sites, les ootypes diffèrent, parfois seul un type est représenté, parfois une association de plusieurs. La plupart des fragments sont ornementés de tubercules, mais quelques rares fragments présentent une structure lisse. Afin de pouvoir correctement définir les différents ootypes, il serait nécessaire d'effectuer des sections radiales et d'observer ces lames sous microscope.  
Les coquilles sont trouvés en général dans un substrat relativement meuble, et les crevasses de ruisselement recèlent souvent de belles accumulations de coquilles. Il existe néanmoins des niveaux plus solides et ces dans ces derniers que les coquilles peuvent encore être en connexion et reflèter une partie de la forme originelle de l'oeuf.

Ces oeufs n'ayant jamais éclos ne conservent néanmoins pas de reste d'embryons fossilisés, mais certains présentent des caractéristiques intéressantes: ils présentent une multristratification des coquilles. Cette pathologie peut s'expliquer par la rétention des oeufs au sein de l'oviducte, il y a alors recouvrement de ces oeufs d'une nouvelle couche de coquille  par la glande coquillière lors de la formation de la couvée suivante. La mort de l'embryon, si fécondation de l'ovocyte, était inévitable, soit par asphyxie, soit par impossibilité d'éclosion. Ces coquilles tératologiques sont aujourd'hui connues, chez les oiseaux et certains crocodiliens et sont le fruit d'un dysfonctionnement de l'hypophyse dans la production hormonale de vasotocine.
 

 

Coquille tératologique de megaloolithus.

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Orel 15/08/2010 18:13


Très intéressant cet article..Ca m'intéresserait d'avoir la localisation d'un site où je pourrais chercher...aux alentours de la ste Victoire.

Aurel