Le viséen marin Vosgien

Publié le par ToM

Les Vosges sont surtout connues pour leurs ballons granitiques du sud prolongés au Nord par des terrains sédimentaires secondaires, lieux d'extaction des fameux grès roses des vosges, pierres de taille de la cathédrale Strasbourgeoise.
Néanmoins il existe au sein de ce massif montagneux, une trace du passé "primaire" de ces montagnes.
Cette dernière, essentiellement Carbonifère, se cantonne au Sud-est des reliefs Alsaciens, et sera ici simplement décrit en tant que deux parties:

Une partie "plante" qui fera sans doute l'objet d'un prochain article et la partie "marine" dont il est question ici.


Le carbonifère marin Alsacien, se rencontre sporadiquement, au sein de quelques sites séparés entre eux de plusieurs kilomètres à une altitude supérieure à 900 mètres.
Ces quelques sites d'accès restreints et dangereux, ont pu préserver une faune marine riche et diversifiée peu connue et abandonnée de toutes recherches scientifiques depuis plusieurs dizaine d'années...

 

Voilà deux ans, que mon instinct de chasseur de fossiles, s'est intéressé à cette faune et notamment aux trilobites vosgiens , qui avaient été oubliés par les Francais  depuis une cinquantaine d'année, et faisaient figures de légendes paléontologiques au sein de la communauté fossileuse haut-rhinoise.

Ces sites décrits pour la première fois il y a plus d'un siècle par la paléontologie Allemande (Tournquist, 1895), ont  été "dépoussiérés" par un ancien employé des PTT et paléontologue amateur à la fin des années 60, dont le travail ma servi de point de départ dans mes recherches...

Après plusieurs expéditions infructueuses, la couche marine fut enfin localisée, surmontée de plusieurs couches volcaniques ayant entraîné par endroit une forte métamorphisation des roches sous-jacentes.
Les sites accessibles sont toujours très réduits et recouverts pour la plupart par des éboulis des strates les surplombants.
Sans entrer dans les détails le paléoenvironnement vosgien au viséen pourrait être représenté comme un petit bassin volcano-sédimentaire marin pouvant atteindre à son paroxysme une puissance de 400 mètres.
"Ce bassin sédimentaire résulterait d'un épisode distensif médioviséen dont les conséquences ont été une augmentation de la subsidence et de l'activité volcanique (événement intraviséen), le tout étant souligné par le passage d'un volcanisme rhyolitique (séries inférieures) à un volcanisme andésitique (séries moyennes)"

 

La faune du site présenté est datée du viséen V2 supérieur à V3 inférieur.

1.) Brachiopodes.

Les fossiles les plus courants de cette couche sont sans conteste les Productidés de l'espèce "Productus burbachianus" qui par endroit forment de véritables lumachelles et qui peuvent atteindre en certains endroits des tailles respectables (6cm de longueur pour le spécimen ci-contre).

Ces productus possédaient en plus de leurs "ailes" des épines pour se stabiliser dans l'environnement marin.
On peut ainsi imaginer que ces espèces étaient inféodés aux herbiers marins. Les photos ci dessous présentent un moule externe de l'un de ces productus qui laisse apparaître de nombreux orifices circulaires, témoins d'épines ayant ornés la coquille de l'animal.
A noter que les épines se concentrent, pour la majorité des spécimens récoltés, sur les ailettes:

Ces productidés sont de loin les plus gros animaux présents dans ce site.
La présence d'ailes chez cet animal, compense l'absence de foramen présent chez la plupart des rhynchonelliformea, duquel sort un pédoncule de fixation servant de liaison avec le substrat. L'absence d'un tel organe a donc contraint, les productidés, à dévelloper d'autres stratégies de fixation, afin d'avoir une activité filtreuse correcte.
La mise en place d'ailes stabilise ainsi l'animal sur le fond marin, mais également, dans les herbiers environnants, capacité encore renforcé par la présence de piquants sur le test.





Néanmoins les Productidés, ne sont pas les seuls représentants des brachiopodes rhynchonelliformea, on y retrouve plus rarement des représentants de l'ordre des spiriferida: moins nombreux et plus petits, il semblerait que plusieurs espèces aient néanmoins cohabitées au sein de cet environnement.

N'ayant pas encore eu l'opportunité de définir l'espèce de ces spécimens, ils seront pour l'instant définis comme "spirifer ind." en attendant de nouvelles informations les concernants.

 







2.) Bivalves. 

On retrouve également dans ces couches des traces de pecten: le seul exemplaire retrouvé est bien conservé, bien que de petite taille doit pouvoir être identifibale. Néanmoins dans les études faites sur ce site, aucune précision n'est apportée quant à une identification poussée : Bleicher dans une note sur le carbonifère marin Vosgien les cites rapidement : "les bivalves y sont également assez communs ce sont des nucules, aviculopecten,pecten,cypricardes de petites tailles mais déterminables".

J'ai également collecté quelques nucules mais rarement correctement conservés.
En plus de ces bivalves on retrouve également des petits polypiers solitaires, des bryozoaires, des gastéropodes, des débris d'orthoceras. Des photos des ces spécimens seront présenté dans l'album prévu à cet effet.
Il est également à noter qu'au sein de ce gisement et dans la couche marine j'ai retrouvé des morceaux de lepidodendrons, typique des couches du culm viséen vosgien. A travers mes découvertes j'ai également mis en évidence la présence d'articles de crinoïdes. Les inventeurs du site témoignent également de la présence de débris de poissons, d'échinides et d'astérides.

3.) Trilobites.

Ils étaient dès le départ dans ma ligne de mire, néanmoins ils se sont fait désirer pendant de nombreuses expéditions.

J'ai, depuis, au cours d'une quinzaine de sorties, trouvé 9 restes de ces arthropodes, toujours des pygidiums de taille relativement variée et d'une espèce unique.
Il présentent sur les spécimens les mieux conservés, une bordure du pygidium lisse ornementé de 5 à 6 lignes concentriques.

Ces trilobites ont été définies comme Cummingella jonessi, néanmoins les descriptions faites par Hahn (1969) et les planches présentées et les descriptions associées ne correspondent guère avec cette espèce.
Dans l'attente d'une description plus conséquente, ils seront définies ici comme Cummingella sp.


Ainsi aux vues des données paléontologiques, on peut définir  le paléoenvironnement vosgien du carbonifère supérieur comme un bassin sédimentaire calme, de profondeur relativement faible à proximité de terres émergées, dont l'érosion alimentait la charge sédimentaire locale. 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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