Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 11:12

Après plusieurs mois de fouilles consacrés quasiment uniquement au muschelkalk, je me suis décidé à ouvrir une petite paranthèse dans le rhétien lorrain!!!

Le site bien connu par les amateurs locaux, ressemble chaque année un peu plus à une forêt vierge où orties, ronces et robiniers acceuillent le visiteur par d'amicales piqures et autres égratinures... Ceci prouve que le site est de moins en moins visité... Faut il s'en réjouir ou le regretter???
Les affleurements de sables, s'effondrent petit à petit, suite au sous-cavage, trop prononcé par endroit, et aux infiltrations des eaux de pluies rendant certains endroits de plus en plus dangereux...

La recherche de fossiles en cet endroit débute donc par quelques bonnes heures de rafraîchissement des coupes, afin d'avoir une zone de recherche convenable... Ce site ayant été utilisé comme décharge pendant de nombreuses années il n'est pas rare de tomber sur de vieux pneus, de vieilles conserves attaqués par la rouille ou encore de tessons de bouteilles... Port de gants impératif!!!!

Mais dans ce sombre tableau les couches fossilifères font offices de chemins ensolleillés, nous conduisant vers les fossiles tant désirés!!!
Les trouvailles furent néanmoins au rendez vous, en plus des communes dents de romphaiodon de saurichtys à capuchons d'acrodine, et de morceaux d'os plus ou moins gros et plus ou moins roulés, deux dents de reptiles de tailles convenables sont venus embellir la journée!!!

Petit exercice de détermination avec la plus grande (26 mm) et la plus belle des deux :


Cette dent est incurvée labio-lingualement et présente un émail plissé sur toute sa surface.
Le premier tiers apical de la dent présente une carène non crénelée présente sur les deux côtés de la dent.
Ce spécimen est une dent intermédiaire du phytosaure altirostral à dentition hétéromorphe Angistorhinopsis. Plusieurs publications ont mis en évidence la présence de l'espèce Angistorhinopsis ruetimeyeri sur le site et l'on pourrait sans trop se hasarder attribuer cette dent à cette espèce....

 

Merci à Dom pour le travail accompli sur son blog "FOSSILIA vosgiensis"

 

 

Avis aux chercheurs de l'est et aux autres de passage en Lorraine : Entre Baccarat et Nancy un voie de contournement de plusieurs village est en cours de construction! Les engins creusent dans le Muschelkalk! Pour y être passé brièvement les trouvailles sont au rendez vous....

A bon entendeur...

Par ToM - Communauté : Paléontologie rhetien
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 20:45

Les oeufs de dinosaures ont été rendus célèbres au début des années 1920 par les expéditions de Roy Chapman Andrews dans le désert de Gobi. Les études financées par l'American Museum of Natural History ont alors mis au jour des oeufs aujourd'hui attribués à Protoceratops.

Néanmoins c'est en Ariège que les premiers fragments d'oeufs de dinosaure, ont attiré la curiosité d'un homme : l'Abbé Pouech. Celui ci les décrira en tant que curiosités géologiques sans les attribuer aux grands sauriens. Une dizaine d'années plus tard un autre français, Philippe Matheron, naturaliste et géologue marseillais, découvrira et décrira des oeufs entiers en Provence. D'après Taquet ( Taquet, 2001) ce dernier aurait dès 1846, découvert lors du creusement d'un tunnel "deux grands segments de sphère ou d'ellipsoïde très énigmatiques" au sein d'une formation dans laquelle des ossements de dinosauriens avaient été signalé... Il serait ainsi le premier inventeur d'oeufs de dinosaures.

Plusieurs sites dans le sud de la France sont connus pour la qualité de leurs oeufs de dinosaures dans leurs sédiments du crétacé terminal.
Datés du Campanien au Maastrichtien ces sédiments sont d'origine fluvio-lacustres et sont le témoin d'un immense site de ponte dinosaurien.


C'est dans les sédiments maastrichtien du rognacien que j'ai eu le plaisir de fouiller durant quelques jours.
Les sites les plus interessant au point de vue paléontologique sont cantonnés au pied de la montagne Sainte-Victoire dans les sédiments rougeâtres, néanmoins ces derniers sont interdits de fouilles.
Il a donc fallu se rabattre sur d'autres zones où les sédiments d'intérêt affleurent.
Néanmoins ces sites recèlent de nombreux fragments de coquilles dinosauriennes et chéloniennes, et il suffit souvent  de se baisser pour les ramasser.




En fonction des sites, les ootypes diffèrent, parfois seul un type est représenté, parfois une association de plusieurs. La plupart des fragments sont ornementés de tubercules, mais quelqu es rares fragments présentent une structure lisse. Afin de pouvoir correctement définir les différents ootypes, il serait nécessaire d'effectuer des sections radiales et d'observer ces lames sous microscope.  
Les coquilles sont trouvés en général dans un substrat relativement meuble, et les crevasses de ruisselement recèlent souvent de belles accumulations de coquilles. Il existe néanmoins des niveaux plus solides et ces dans ces derniers que les coquilles peuvent encore être en connexion et reflèter une partie de la forme originelle de l'oeuf.

Ces oeufs n'ayant jamais éclos ne conservent néanmoins pas de reste d'embryons fossilisés, mais certains présentent des caractéristiques intéressantes: ils présentent une multristratification des coquilles. Cette pathologie peut s'expliquer par la rétention des oeufs au sein de l'oviducte, il y a alors recouvrement de ces oeufs d'une nouvelle couche de coquille  par la glande coquillière lors de la formation de la couvée suivante. La mort de l'embryon, si fécondation de l'ovocyte, était inévitable, soit par asphyxie, soit par impossibilité d'éclosion. Ces coquilles tératologiques sont aujourd'hui connues, chez les oiseaux et certains crocodiliens et sont le fruit d'un dysfonctionnement de l'hypophyse dans la production hormonale de vasotocine.
 

 

Coquille tératologique de megaloolithus.

Par ToM - Communauté : Les fossiliens
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 18:45

Les Vosges sont surtout connues pour leurs ballons granitiques du sud prolongés au Nord par des terrains sédimentaires secondaires, lieux d'extaction des fameux grès roses des vosges, pierres de taille de la cathédrale Strasbourgeoise.
Néanmoins il existe au sein de ce massif montagneux, une trace du passé "primaire" de ces montagnes.
Cette dernière, essentiellement Carbonifère, se cantonne au Sud-est des reliefs Alsaciens, et sera ici simplement décrit en tant que deux parties:

Une partie "plante" qui fera sans doute l'objet d'un prochain article et la partie "marine" dont il est question ici.


Le carbonifère marin Alsacien, se rencontre sporadiquement, au sein de quelques sites séparés entre eux de plusieurs kilomètres à une altitude supérieure à 900 mètres.
Ces quelques sites d'accès restreints et dangereux, ont pu préserver une faune marine riche et diversifiée peu connue et abandonnée de toutes recherches scientifiques depuis plusieurs dizaine d'années...

 

Voilà deux ans, que mon instinct de chasseur de fossiles, s'est intéressé à cette faune et notamment aux trilobites vosgiens , qui avaient été oubliés par les Francais  depuis une cinquantaine d'année, et faisaient figures de légendes paléontologiques au sein de la communauté fossileuse haut-rhinoise.

Ces sites décrits pour la première fois il y a plus d'un siècle par la paléontologie Allemande (Tournquist, 1895), ont  été "dépoussiérés" par un ancien employé des PTT et paléontologue amateur à la fin des années 60, dont le travail ma servi de point de départ dans mes recherches...

Après plusieurs expéditions infructueuses, la couche marine fut enfin localisée, surmontée de plusieurs couches volcaniques ayant entraîné par endroit une forte métamorphisation des roches sous-jacentes.
Les sites accessibles sont toujours très réduits et recouverts pour la plupart par des éboulis des strates les surplombants.
Sans entrer dans les détails le paléoenvironnement vosgien au viséen pourrait être représenté comme un petit bassin volcano-sédimentaire marin pouvant atteindre à son paroxysme une puissance de 400 mètres.
"Ce bassin sédimentaire résulterait d'un épisode distensif médioviséen dont les conséquences ont été une augmentation de la subsidence et de l'activité volcanique (événement intraviséen), le tout étant souligné par le passage d'un volcanisme rhyolitique (séries inférieures) à un volcanisme andésitique (séries moyennes)"

 

La faune du site présenté est datée du viséen V2 supérieur à V3 inférieur.

1.) Brachiopodes.

Les fossiles les plus courants de cette couche sont sans conteste les Productidés de l'espèce "Productus burbachianus" qui par endroit forment de véritables lumachelles et qui peuvent atteindre en certains endroits des tailles respectables (6cm de longueur pour le spécimen ci-contre).

Ces productus possédaient en plus de leurs "ailes" des épines pour se stabiliser dans l'environnement marin.
On peut ainsi imaginer que ces espèces étaient inféodés aux herbiers marins. Les photos ci dessous présentent un moule externe de l'un de ces productus qui laisse apparaître de nombreux orifices circulaires, témoins d'épines ayant ornés la coquille de l'animal.
A noter que les épines se concentrent, pour la majorité des spécimens récoltés, sur les ailettes:

Ces productidés sont de loin les plus gros animaux présents dans ce site.
La présence d'ailes chez cet animal, compense l'absence de foramen présent chez la plupart des rhynchonelliformea, duquel sort un pédoncule de fixation servant de liaison avec le substrat. L'absence d'un tel organe a donc contraint, les productidés, à dévelloper d'autres stratégies de fixation, afin d'avoir une activité filtreuse correcte.
La mise en place d'ailes stabilise ainsi l'animal sur le fond marin, mais également, dans les herbiers environnants, capacité encore renforcé par la présence de piquants sur le test.





Néanmoins les Productidés, ne sont pas les seuls représentants des brachiopodes rhynchonelliformea, on y retrouve plus rarement des représentants de l'ordre des spiriferida: moins nombreux et plus petits, il semblerait que plusieurs espèces aient néanmoins cohabitées au sein de cet environnement.

N'ayant pas encore eu l'opportunité de définir l'espèce de ces spécimens, ils seront pour l'instant définis comme "spirifer ind." en attendant de nouvelles informations les concernants.

 







2.) Bivalves. 

On retrouve également dans ces couches des traces de pecten: le seul exemplaire retrouvé est bien conservé, bien que de petite taille doit pouvoir être identifibale. Néanmoins dans les études faites sur ce site, aucune précision n'est apportée quant à une identification poussée : Bleicher dans une note sur le carbonifère marin Vosgien les cites rapidement : "les bivalves y sont également assez communs ce sont des nucules, aviculopecten,pecten,cypricardes de petites tailles mais déterminables".

J'ai également collecté quelques nucules mais rarement correctement conservés.
En plus de ces bivalves on retrouve également des petits polypiers solitaires, des bryozoaires, des gastéropodes, des débris d'orthoceras. Des photos des ces spécimens seront présenté dans l'album prévu à cet effet.
Il est également à noter qu'au sein de ce gisement et dans la couche marine j'ai retrouvé des morceaux de lepidodendrons, typique des couches du culm viséen vosgien. A travers mes découvertes j'ai également mis en évidence la présence d'articles de crinoïdes. Les inventeurs du site témoignent également de la présence de débris de poissons, d'échinides et d'astérides.

3.) Trilobites.

Ils étaient dès le départ dans ma ligne de mire, néanmoins ils se sont fait désirer pendant de nombreuses expéditions.

J'ai, depuis, au cours d'une quinzaine de sorties, trouvé 9 restes de ces arthropodes, toujours des pygidiums de taille relativement variée et d'une espèce unique.
Il présentent sur les spécimens les mieux conservés, une bordure du pygidium lisse or nementé de 5 à 6 lignes concentriques.

Ces trilobites ont été définies comme Cummingella jonessi, néanmoins les descriptions faites par Hahn (1969) et les planches présentées et les descriptions associées ne correspondent guère avec cette espèce.
Dans l'attente d'une description plus conséquente, ils seront définies ici comme Cummingella sp.


Ainsi aux vues des données paléontologiques, on peut définir  le paléoenvironnement vosgien du carbonifère supérieur comme un bassin sédimentaire calme, de profondeur relativement faible à proximité de terres émergées, dont l'érosion alimentait la charge sédimentaire locale. 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ToM - Communauté : Les fossiliens
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